
Le squat post-Airbnb, un phénomène inquiétant en hausse
En France, entre 6 000 et 7 000 logements sont aujourd'hui occupés illégalement (selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur). En parallèle, les demandes d'expulsion ont triplé entre 2022 et 2024, et doublé en dix ans.
Derrière ces statistiques, qui concernent surtout la location longue durée, on observe une recrudescence de cas particulièrement inquiétants : le squat post-Airbnb.
À l'issue du séjour réservé, le locataire refuse de quitter les lieux, change parfois la serrure, et s'y installe.
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Pourquoi la loi anti-squat ne protège pas (encore) les propriétaires
C'est alors que le bailleur découvre, à sa grande stupeur, que la loi anti-squat de juillet 2023 ne s'applique pas dans son cas. Parce qu'à l'origine, l'occupant est entré dans le logement avec son accord.
Or, la procédure administrative accélérée d'expulsion sous 72 heures, qui passe par le préfet, ne vise que les squats « classiques » (entrée par effraction, menaces ou manœuvres frauduleuses).
Et comme le séjour Airbnb relève d'un contrat de location saisonnière (et non d'un bail d'habitation), les outils prévus par la loi Kasbarian pour accélérer l'expulsion des locataires défaillants ne s'appliquent pas non plus.
Dans le cas d'un voyageur Airbnb, il faut donc passer par une procédure civile qui peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années.
C'est pour cette raison que, le 20 janvier 2026, le Sénat a adopté en première lecture la proposition de loi Ripost. Jusqu'ici, pour caractériser une occupation illégale et déclencher la procédure express, il fallait prouver à la fois l'entrée irrégulière et le maintien dans les lieux. Avec ce texte, le maintien sans droit ni titre suffirait à caractériser le squat, même si l'entrée était initialement autorisée.
Le préfet pourrait alors ordonner une expulsion sous 72 heures dans les cas de squat post-location courte durée.
Mais attention : le texte n'est pas encore entré en vigueur (il doit encore être examiné par l'Assemblée nationale).
Comment se protéger des squatteurs en attendant ?
En attendant l'allignement de la loi, voici quelques réflexes à adopter :
- - Ne jamais louer plus de 90 jours d'affilée à un même voyageur. Au-delà, le statut juridique de l'occupant change et il peut revendiquer un droit au maintien dans les lieux.
- - Équiper le logement d'une serrure connectée à code temporaire, qui s'invalide automatiquement à la date de départ. C'est aujourd'hui la parade la plus efficace contre le changement de serrure par l'occupant.
- - Vérifier les avis du voyageur laissés par les hôtes précédents, et fuir les profils sans historique.
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