
Un dispositif pensé (au départ) pour relancer l'investissement locatif
Sur le papier, le dispositif Jeanbrun devait rebooster l'investissement locatif.
Pour résumer grossièrement, contrairement au Pinel, il remplace la réduction d'impôt « one-shot » par un mécanisme d'amortissement en location nue.
Entre 3,5 et 5,5 % du prix du bien peuvent être déduits chaque année des loyers, en échange d'un engagement de location de 9 ans et de loyers plafonnés.
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Des chiffres bien en dessous des ambitions
Mais voilà. Alors que l'ambition affichée était de 50 000 logements locatifs privés dès 2026, quatre mois plus tard, on en est loin.
Les chiffres publiés par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) le 12 mai dernier révèlent une chute des opérations dans le neuf au T1 2026. On passe sous la barre des 20 000 unités vendues : c'est un plancher.
En Île-de-France, on ne compte que 29 ventes en Jeanbrun sur 584 réservations d'investisseurs au trimestre.
Et sur la Côte d'Azur, une seule.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que les bailleurs ne sont pas séduits. Selon une enquête PAP menée auprès de 1 450 propriétaires, 83 % ne sont pas convaincus : rentabilité jugée insuffisante (52 %), protection du locataire trop lourde (30 %), règles trop complexes (18 %).
Selon la plupart des conseillers en gestion de patrimoine, Jeanbrun n'est intéressant que pour les foyers très imposés (tranche à 41 ou 45 %) et sur un horizon long.
Échec ou faux départ ?
Pour nuancer ces premières tendances, on pourrait aussi rappeler que le dispositif est entré en vigueur quelques jours après l'embrasement du conflit au Moyen-Orient.
Or, en période d'instabilité géopolitique, les investissements long terme se figent. À ce propos, la FPI précise que tous les leviers d'une reprise sont là, mais qu'aucun ne produira ses effets tant que durera ce conflit.
Difficile d'affirmer que, dans un autre contexte, le dispositif aurait été accueilli différemment. Mais laissons-lui le bénéfice du doute…