Rentabilité locative : les disparités selon les villes
30 avril 2026
Les derniers chiffres révélés par la Chambre nationale des commissaires de justice (CNCJ) nous marquent tout particulièrement cette année. En 2025, 30 500 ménages ont été expulsés avec le concours de la force publique.
C'est une hausse de 27 % par rapport à 2024, et le double par rapport à 2016.
On dénombre aussi 59 200 décisions de justice signifiées aux locataires défaillants, soit 30 % de plus qu'en 2024.
Une question légitime se pose alors : y a-t-il vraiment plus de mauvais payeurs parmi les locataires ? Ou les procédures se sont-elles durcies récemment ?
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En parallèle de ces chiffres, on constate que les commandements de payer (première étape juridique de la procédure) n'ont augmenté que de 2,4 %.
Autrement dit, même si le nombre d'impayés augmente selon les zones, c'est surtout la réponse judiciaire qui justifie ces résultats "records".
En cause, forcément, on retrouve les effets de la loi anti-squat (loi Kasbarian) de juillet 2023. Même si, dans les faits, les délais avant l'expulsion effective restent encore trop longs au quotidien.
Avant la loi Kasbarian, même avec une clause résolutoire et un commandement de payer infructueux, le bailleur pouvait attendre des mois ou des années avant de récupérer son bien (et c'est toujours le cas dans certaines situations).
Mais voici ce qui a changé depuis :
Récemment, un autre phénomène met de nombreux bailleurs dans l'embarras : les abandons de logement.
En 2025, 6 000 procès-verbaux de constat d'abandon ont été dressés par les commissaires de justice, soit une hausse de 11,7 % par rapport à 2024.
Le locataire quitte les lieux sans préavis, sans état des lieux et parfois sans même prévenir le propriétaire. Une situation qui s'accentue par crainte de l'expulsion.
Dans ce contexte, le gouvernement tente quelques actions :
Malgré tout, le délai minimum entre le premier impayé et l'expulsion effective reste de 8 mois selon la Chambre Nationale des Commissaires de Justice…